Prise de position contre la COMUE PSL (CA du 16 décembre 2016)

Prise de position des élu-e-s Solidaires étudiant-e-s EHESS au CA du 16 décembre 2016 :

A propos du nouveau texte d’orientation de PSL :

A propos du texte d’orientation de PSL, il ne nous semble pas plus satisfaisant que celui que nous avions déjà critiqué lors du dernier CA (du 21 octobre 2016) puisque excellence, sélectivité, ouverture aux logiques du privé, etc. sont toujours omniprésentes. Pire, son caractère flottant (voire flou), qui s’explique sûrement par la coexistence d’histoires, de positions et de stratégies différentes de la part des différents établissements qui composent PSL, peut-être irréconciliables, nous préoccupe. Enfin, l’apparition d’une notion telle que celle de « sélectivité assumée » (p. 2.) ne peut que susciter notre opposition, de même que la possibilité pour le président de PSL d’opposer un veto au vote des budgets des différents établissements, car, dès lors que le risque est de ne pas pouvoir prétendre au financement par PSL et que les ressources sont concentrées entre les mains des COMUE et des Idex, il s’agit bel et bien d’un veto (ou pire, de la mise en place d’un principe d’autocensure). Ce veto nous semble une logique attentatoire à la fois à la possibilité, pour les établissements, de conserver une identité propre (seule garante du maintien d’un contre-pouvoir, par ailleurs largement insuffisant) ainsi qu’au principe de la démocratie universitaire que nous avons à cœur, bon an mal an, de conserver (et même d’étendre).

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Création d’une cellule de veille sur le harcèlement sexuel à l’EHESS : une victoire qui ne doit pas rester lettre morte

Le Comité hygiène, sécurité, conditions de travail (CHSCT) de l’EHESS a acté le 8 décembre 2016 la création d’une cellule de veille sur le harcèlement sexuel. Cette décision fait suite à l’initiative et à la mobilisation de plusieurs représentant·e·s des travailleuses/eurs (BIATOSS, enseignant·e·s, chercheuses/eurs) et étudiant·e·s de l’EHESS.

Cette cellule de veille sera composée de deux représentant·e·s et d’un·e suppléant·e pour chaque « corps » (étudiant·e·s et doctorant·e·s ; BIATOSS ; enseignant·e·s-chercheurs/euses). Les représentant·e·s sont proposé·e·s par le CHSCT et validé·e·s par le Président de l’EHESS. Elle aura pour fonction la prévention et l’information sur le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche, ainsi que l’accueil et le soutien aux personnes qui dénoncent des faits de harcèlement sexuel. Tout·e salarié·e, quelque que soit son statut (fonctionnaire, contractuel·le) et sa fonction, et tout·e étudiant·e (en master, en doctorat, en diplôme de l’école) pourra solliciter la cellule de veille.

Une telle cellule de veille est indispensable, pour plusieurs raisons. D’une part, les violences sexistes et sexuelles sont présentes dans l’enseignement supérieur et la recherche comme partout ailleurs. Il faut donc être en mesure de les prévenir et de réagir face aux violences. D’autre part, les rapports hiérarchiques qui peuvent être à la fois forts et minimisés, voire occultés (comme le rapport entre enseignant·e·s-chercheurs/euses et agent·e administrative/if, ou entre directeur/trice de thèse et doctorant·e), sont propices aux faits de harcèlement moral et sexuel, et rendent très difficile pour les victimes de les dénoncer. Enfin, la direction de l’EHESS s’est jusqu’ici illustrée par son refus de prendre au sérieux et d’agir contre le harcèlement moral et sexuel, ce qui aboutit à redoubler les conséquences néfastes pour les victimes de harcèlement (dégradation de la santé physique et mentale, isolement, arrêt de la thèse etc.).

La création de cette cellule de veille est un premier pas important pour rendre visible et lutter contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur. Nous resterons vigilant·e·s pour nous assurer qu’elle remplit effectivement ses fonctions de prévention et d’accompagnement des victimes. Nous continuerons également de demander la création d’un poste de fonctionnaire « Responsable Egalité-Diversité », afin qu’une personne qualifiée soit à temps plein dédiée à la lutte contre les discriminations et les violences au sein de l’école. C’est à l’EHESS de prendre ses responsabilités et d’exiger auprès du Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche la création d’un tel poste.

A Paris, le 16 décembre 2016, Solidaires étudiant·e·s EHESS

Non à la fermeture de la bibliothèque de la FMSH !

=> Signez la pétition ici.

Nous reproduisons le texte de la pétition élaborée par le collectif d’usager.e.s de la bibliothèque. Vous trouverez plus d’informations sur le blog: https://usagersbibliofmsh.wordpress.com/blog/

Sauvons la bibliothèque de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme

Cette pétition sera remise à:
Conseil d’administration de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme
Conseil de surveillance de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme

La bibliothèque et l’espace de travail de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) vont fermer au début du printemps 2017, suite au déménagement du bâtiment « Le France » qui les héberge actuellement. Chaque jour, plus de 200 chercheur.es travaillent dans cette bibliothèque d’une capacité d’environ 110 places assises.

Dans un courrier qu’il nous a adressé, M. Wieviorka (administrateur de la FMSH) déclare qu’il a été décidé « de ne pas tenter de faire revivre notre bibliothèque » qui sera remplacée par une « bibliothèque numérique expérimentale ». En attendant le déménagement sur le campus Condorcet à Aubervilliers, qui doit avoir lieu fin 2019 si les délais sont respectés, aucune bibliothèque ni aucun espace de travail dignes de ce nom n’existeront.

Depuis près de cinquante ans, la bibliothèque (fondée par Fernand Braudel en 1970) accueille des chercheur.es, des doctorant.es et des masterant.e.s qui arrivent à Paris du monde entier. Cette fermeture entraînera une forte dégradation des conditions de travail et d’insertion dans les métiers de la recherche.

Nous défendons cet espace de travail, lieu de socialisation scientifique, de partage, d’entraide et de connaissance. En somme, un lieu indispensable, à l’heure où la précarité des jeunes chercheurs progresse.

Reconnue d’utilité publique, la FMSH a pour mission d’abriter, de soutenir et de concourir à la production scientifique en sciences sociales ; c’est pourquoi la fermeture de la bibliothèque nuit aux principes et aux valeurs que la fondation incarne et est censée défendre.

Nous demandons un espace de travail équivalent, en nombre de places et en nature des services, à celui existant actuellement à l’intérieur du bâtiment « Le France », ouvert gratuitement à tous les chercheur.e.s en sciences humaines et sociales (y compris aux masterant.e.s et aux doctorant.e.s).

Nous appelons à diffuser ces informations au plus grand nombre de personnes et à signer cette pétition afin de faire pression sur les instances décisionnaires. N’oubliez pas de renseigner vos statuts et vos institutions de rattachement.

Les usager.es de l’espace de travail et de la bibliothèque FMSH

La totalité des échanges avec les instances responsables et d’autres informations sont accessibles:
* sur le blog : https://usagersbibliofmsh.wordpress.com
* à partir de la page Facebook : https://www.facebook.com/saveBibliFMSH
* suivez-nous sur Twitter : @SaveBibliFMS

Manifestation « Migrant.e.s bienvenu.e.s! » – Cortège EHESS (26 novembre 2016)

Ce samedi a lieu une manifestation de soutien aux migrant.e.s, pour des conditions d’accueil dignes, l’égalité des droits et la fin de la répression. Au vu de l’actualité (les politiciens qui rivalisent de racisme, le démantèlement du camp de Calais, l’expulsion des migrant.e.s de Stalingrad etc.), il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser !
La manif part à 14h de la Place Stalingrad (Métro 2-5-7). Infos ici: https://paris.demosphere.eu/rv/51351
L’association des étudiant.e.s de l’EHESS, le Collectif de soutien aux étudiant.e.s exilé.e.s et Solidaires étudiant.e.s EHESS vous propose de nous retrouver:
à 12h au 96 bd Raspail pour réaliser des pancartes (apportez des cartons !)
à 14h à Stalingrad pour manifester ensemble.

« Violences du silence », 23 novembre 2016

Le 23 novembre à 18h30, Solidaires étudiant.e.s EHESS organise la projection de Violences du silence, un film de Catherine Cabrol, produit par l’association « Femmes pour le dire – Femmes pour agir ». Ce court-métrage présente les témoignages de femmes handicapées victimes de violences machistes.

La projection sera suivie d’une discussion avec Maudy Piot, présidente de l’association « Femmes pour le dire – Femmes pour agir ».

** Le film est en langue des signes française, avec voix off. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure d’assurer une traduction LSF pour le débat. **

Salle des Lombard, 96 boulevard Raspail.

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Lundi 14 novembre de 19h à 21h en salle des artistes – Réunion publique sur les réformes de l’Enseignement supérieur et la recherche depuis 15 ans

Solidaires étudiant-e-s EHESS organise lundi 14 novembre de 19h à 21h en salle des artistes (96 boulevard Raspail) une réunion publique sur les réformes de l’Enseignement supérieur et la recherche depuis 15 ans (réforme LMD, LRU I et II, loi Fioraso, etc.), que nous subissons au quotidien. Cette réunion est ouverte à tou-te-s et vise à expliciter les métamorphoses politiques, économiques et idéologiques dont souffre de plus en plus notre univers de travail.

Contre la précarité dans l’ESR Pour l’amélioration des conditions de travail et d’études de toutes et tous, Rassemblons-nous le 7 novembre 2016 !

** Attention ! Le lieu du rassemblement a changé: rendez-vous à 16h le 7 novembre au croisement de la rue de Constantine et de la rue de l’Université, métro et RER C Invalides ou Assemblée nationale **

Communiqué intersyndical
SNTRS-CGT, CGT Ferc-Sup, CGT-INRA, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNETAP-FSU, SNPREES-FO, Sup Autonome-FO, Sud Recherche EPST, Sud Education, Solidaires étudiant-e-s, Collectif des travailleur.e.s précaires de l’ESR

Une nouvelle rentrée universitaire sous le signe de l’austérité

Depuis 2009, le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche, (ESR), a baissé de 850 millions en euros constants, (cf. Cour des Comptes), alors même que le nombre d’étudiant-e-s n’a cessé d’augmenter (+ 260 000 depuis 2009). La politique budgétaire d’austérité du gouvernement aggrave ainsi largement une situation déjà préoccupante. La précarité explose dans l’ESR et les réformes mises en place depuis quelques années déjà détruisent nos conditions de travail et mettent en danger le service public d’ESR.

Des politiques récurrentes contre l’enseignement supérieur et la recherche publique

Notre situation découle en effet des politiques d’austérité et des réformes mises en œuvre depuis la fin des années 1990 : loi Pacte pour la recherche (2006), loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités, 2007) qui a rendu les établissements d’ESR financièrement autonomes et leur a transféré la gestion de la masse salariale, loi pour l’enseignement supérieur et la recherche (2013), qui a accentué la logique de la mise en concurrence en imposant le regroupement des universités, des grands établissements, des écoles au sein des COMUE Communauté d’Universités et d’Etablissements). Ces réformes reposent toutes sur une transformation fondamentale dans la manière de financer l’enseignement supérieur et la recherche : le développement des financements par des appels à projets (ANR, Europe, régions, associations caritatives, Programme Investissement d’Avenir) au détriment des crédits récurrents, ce qui met en concurrence les établissements, les laboratoires et les services et favorise le développement de la précarité.

La précarité est-elle la seule perspective pour les plus jeunes ?

Pour faire baisser la masse salariale, on remplace des postes de fonctionnaires par des contractuels ou des vacataires (qui coûtent bien moins cher) : les précaires – désormais de l’ordre de 40% chez les personnels BIATSS, 30% chez les personnels enseignants dans les établissements d’ESR et 21,4% dans les organismes de recherche (40% à l’Inserm) – sont alors une simple variable d’ajustement. La conséquence est la paupérisation de nombreux personnels et notamment les moins qualifiés mais aussi les jeunes chercheurs, ingénieurs et techniciens non titulaires, devenus quasi invisibles. Les regroupements et fusions d’établissements au sein des ComUE hors d’échelle rassemblant plusieurs milliers de personnels et des dizaines de milliers d’étudiants, vont encore accentuer cette précarisation généralisée des personnels, premières victimes des baisses salariales et des baisses de budget, le recul de la réussite étudiante et le développement des emplois précaires.

Une dégradation insupportable de nos conditions de travail et d’études

En plus de remettre en cause les statuts de la fonction publique, qui donnent des garanties aux salarié-e-s face à l’emprise de l’employeur et qui garantissent l’accès à un service public de qualité à toutes et tous, la précarité a des conséquences importantes sur la santé des travailleurs-ses de l’ESR. Les maladies professionnelles, telles que stress, burn out, etc., se développent partout à cause d’un manque criant de personnels administratifs, techniques, chercheurs et enseignants. L’autonomie des établissements, l’austérité imposée et la possibilité de moduler les services des personnels qui anticipaient dans l’ESR l’inversion de la hiérarchie des normes introduite par la loi Travail que des millions de travailleurs ont combattue pendant plusieurs mois, a contribué à dégrader considérablement les conditions de travail de tous les personnels et des contractuels en particulier.

Si les personnels subissent le contrecoup de ces réformes et le manque de moyens, les étudiant-e-s sont également en première ligne. Salles surchargées, absence de suivi à cause d’un manque de personnel, mettent en péril l’avenir des étudiants et les missions de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’augmentation conséquente du nombre de bacheliers rend nécessaire une politique ambitieuse pour les accueillir et réussir leurs études dans les filières de leur choix.

Le Gouvernement a annoncé une augmentation de 850 millions d’€ du budget de l’ESR pour 2017. Cette augmentation qui fait suite à la mobilisation du milieu notamment en mai dernier lors de l’annonce de coupures sur le budget de l’ESR, est loin d’être au niveau des enjeux. Cela permettra tout juste d’accueillir les 45 000 étudiant·e·s en plus de la rentrée. Il faut enfin un vrai investissement de l’Etat dans l’ESR, suffisamment significatif pour qu’on puisse résoudre la précarité et assurer sur l’ensemble du territoire une formation de qualité pour toutes et tous, meilleur gage d’un enseignement supérieur et d’une recherche de haut niveau.

Pour exiger :

– une réelle augmentation du financement public de l’Enseignement supérieur et de la recherche : +3,5 milliards d’euros/an pendant 10 ans pour atteindre l’objectif de 1% du PIB pour la recherche publique et 2% du PIB pour l’enseignement supérieur,
– un plan d’investissement concret vers les premiers cycles pour assurer la réussite de tou·te·s les étudiant·e·s
– la fin de la politique de précarisation et la mise en place d’un plan de titularisation de tou·te·s les contractuel·le·s et vacataires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche travaillant sur des fonctions pérennes.
– un plan pluriannuel de création d’emplois de fonctionnaires enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs, personnels techniques, de bibliothèque et administratifs à hauteur de 6 000 créations d’emplois/an pendant 10 ans.

Pétition contre le sexisme dans l’enseignement

Solidaires étudiant.e.s EHESS est signataire de cette pétition « Pour l’égalité dans l’enseignement – Contre le sexisme du rapport du CAPES » :

« Nous, collectif d’enseignants et enseignantes mais aussi tout simplement personnes soucieuses d’éducation et de parité, femmes et hommes, demandons donc :
– la suppression de cette remarque misogyne dans le rapport du concours de recrutement du CAPES 2016
-une réelle réflexion de la part de l’Éducation nationale sur la parité, à tous niveaux d’enseignement et de responsabilités
– la mise en œuvre de mesures concrètes pour la revalorisation du métier de professeur-e »

 

Prise de position contre la COMUE PSL (CA du 21 octobre 2016)

Prise de position contre la COMUE PSL par les élu-e-s Solidaires étudiant-e-s EHESS (CA du 21 octobre 2016)

Dans votre long discours, vous nous appelez, Monsieur Thierry Coulhon (président de PSL, qui a récemment fait parler de lui par son salaire mirobolant, 150 000 euros nets annuel), à ne pas prendre ce que vous dites pour argent comptant, puisque tout sera soumis à discussion, tout sera décidé démocratiquement etc. Or, cela fait plus d’un an qu’on nous refuse toute possibilité de discussion, en particulier en ce qui concerne le contenu idéologique de PSL, qui, lui, reste constant et que l’on retrouve d’ailleurs concentré dans votre document de travail (L’université intégrée Paris Sciences et Lettres : objectifs, méthode, pilotage).

C’est sur ce terrain là que nous souhaitons alors porter le débat, ce qui nous amène à réitérer notre refus du projet PSL, qui montre une fois de plus son opposition fondamentale aux principes que nous défendons, ceux d’un enseignement supérieur gratuit, démocratique, ouvert à tou-te-s et critique. Nous nous opposons alors tant à l’idée de former des « élites » en proposant, je cite, une « offre globale de formation attractive, sélective et de haut niveau » (p. 6), qu’à l’idée (qui occupe quasiment 1 pages sur 13) d’une nécessaire « valorisation, relation avec les entreprises ». C’est ainsi l’« objectif majeur de l’Université PSL […] qui a vocation à accroître considérablement la visibilité de ses membres auprès des entreprises françaises et internationales, et les établissements » (p. 7.) et de « valoriser la création d’entreprise », ce qui aboutit à la création d’un poste de « vice-président innovation et entreprenariat ». Tout cela pour, je cite là encore, « fixer l’attention des auteurs de classements » (p. 1.), référence évidente au classement de Shangaï auquel personne ne croit mais auquel tout le monde se soumet selon le principe de la prophétie auto-réalisatrice, et cela pour entrer dans la « compétition internationale » (p. 1.) (et la concurrence nationale des établissements entre eux ajouterai-je).

Ce projet, qui nous envoie droit dans le mur de la privatisation et de la soumission aux intérêts privés, nous continuerons à nous y opposer, en luttant pour une prise de conscience collective de son caractère néfaste. En effet, regrouper, c’est mutualiser et mutualiser, c’est supprimer des postes ; tout cela au détriment des membres du personnel administratif et des étudiant-e-s.

La SMEREP, au service d’une police des corps et des mœurs ?

Vendredi 8 Octobre, des étudiant-es de Paris 8 sont allé-es intervenir sur le local de la mutuelle étudiante, pour protester contre leur communiqué national scandaleux (à lire ici : https://www.smerep.fr/…/2016-09_cp_jm_contraception_-pour_s… )

Pour leur répondre, ielles ont collé des affiches, écrit à la peinture, et affiché ce communiqué :

La SMEREP, au service d’une police des corps et des mœurs ?

Un communiqué de la SMEREP, paru le 5 Septembre, nous apprend un certain nombre de choses édifiantes, dont nous n’aurions pu nous douter :
– les femmes sont les seules responsables de la contraception dans les couples hétérosexuels
– la pilule contraceptive semble être l’unique moyen de contraception
– utiliser la pilule du lendemain, c’est mal (surtout si on est lycéenne)
– l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse / Avortement) aussi, c’est très mal.

Plusieurs associations, militantes, praticiennes de santé, ont déjà répondu à ces affirmations, mettant en doute la volonté de la SMEREP à défendre les droits des femmes et l’accès à la contraception.
Nous avons souhaité, nous aussi, étudiant-es de Paris 8, procéder à une mise au point :

– Sur la responsabilité des femmes :

Quand il y a contraception, c’est qu’il y a rapport sexuel, et qu’il y a donc (au moins) deux personnes en interaction. Pourtant l’objet du communiqué de la SMEREP est d' »alerter » sur le « comportement à risque des jeunes femmes ayant trop souvent recours à la contraception d’urgence ou à l’IVG ».
Tant les femmes sont les seules à même de décider au final des moyens de contraception qu’elles veulent utiliser (on ne peut forcer sa copine, sa femme, à utiliser tel ou tel type de contraception), tant une situation « à risque » ne peut être imputée à elles seules ! Un « risque » se prend à deux, les conséquences de celui-ci sont donc partagées.

– Sur le « faible » nombre de femmes utilisant la pilule contraceptive :

Il existe une multitude de moyens de contraception, et comme le souligne la SMEREP, si « Plus d’une étudiante sur trois ne prend pas de pilule contraceptive » c’est notamment parce que souvent « elles se protègent par un autre moyen contraceptif » ! L’effet « chiffre choc » fait flop parce qu’il ne veut pas dire que les femmes ne se protègent pas, seulement qu’elles n’utilisent pas toutes la pilule. De plus, la SMEREP ne semble avoir aucune analyse sur la multiplicité des pratiques sexuelles : quid des femmes lesbiennes, pour qui les rapports sexuels ne nécessitent pas d’usage de contraceptifs ? Quid des femmes qui choisissent d’avoir des rapports sexuels sans pénétration ? Quid des femmes trans* qui n’ont pas l’usage des contraceptifs ?
De plus, la SMEREP s’embrouille les pinceaux : les chiffres rapportent que 87% des femmes disent utiliser le préservatif (qui est, on le rappelle, le seul moyen d’éviter les MST/IST) mais s’offusque du fait que 70 % ne l’utilisent pas systématiquement. Mais que signifie ces chiffres si l’on ne les met pas en lien avec les possibilités de combinaison des moyens de contraception, avec les situations « conjugales » des étudiantes (quand on est en couple, on peut en effet : désirer avoir des enfants, arrêter d’utiliser le préservatif après dépistage en utilisant ou non un autre moyen de contraception, etc.)

– Sur la contraception d’urgence :

Tout d’abord, quand elle nous parle de « contraception » d’urgence », la SMEREP ne retient qu’une des possibilités : la « pilule du lendemain ». Pourtant, il existe une autre forme de contraception d’urgence, qui est la pose d’un stérilet (DIU) au cuivre (qui peut se poser après un rapport non protégé comme contraceptif à court et long terme).
Ensuite, la SMEREP met en avant toute une série de chiffres sur le pourcentage d’étudiantes et lycéennes ayant recours à la pilule du lendemain, parfois de manière répétée.
Si l’on considère les « failles » des méthodes de contraception – oubli de la pilule, du patch, de l’anneau vaginal, préservatif (masculin ou féminin) qui craque… – le chiffre parait assez faible. Si l’on considère la possibilité de choisir d’avoir quand même un rapport sexuel avec pénétration si l’on a pas de moyen de contraception ou encore les situations où les femmes sont forcées d’avoir un tel rapport sans contraception, le chiffre n’a pas de sens.
La pilule du lendemain est un moyen de contraception comme un autre. Le problème n’est pas le nombre de femmes qui y ont recours, mais plutôt le nombre de femmes qui ne peuvent pas y avoir accès quand elles en ont besoin (parce que le pharmacien leur refuse, à elle ou à leur partenaire, parce qu’il n’y a pas de pharmacie ouverte, etc.). Les femmes devraient pouvoir se faire prescrire plusieurs pilules du lendemain d’avance, afin qu’elles puissent toujours avoir accès à cette méthode de contraception !

– Sur l’IVG :

Le communiqué dit, à propos des femmes ayant pratiqué des IVG : « La SMEREP tient à alerter sur ces situations vécues par les jeunes femmes et sur les conséquences psychologiques parfois graves qu’elles peuvent vivre lors de la pratique d’une intervention volontaire de grossesse »
Nous lui répondons que :
Nous tenons à alerter la SMEREP sur ces situations vécues par les femmes (jeunes ou non) et sur les conséquences psychologiques parfois graves qu’elles peuvent vivre quand les pratiques et discours des institutions de santé ont pour objectif de leur imposer des sexualités et des moyens de contraception plutôt que de leur permettre un accès libre et gratuit à TOUS les moyens de contraception, pilule du lendemain et IVG compris.

Nous revendiquons :
– Un accès gratuit pour toutes à toutes les méthodes de contraception
(préservatifs de bonne qualité y compris).
– Des centres de santé et de planning familiaux dans tous les établissements universitaires.
– Le droit des femmes, lesbiennes, trans* à disposer librement de leurs corps, et à déterminer ensemble leurs besoins en terme de santé et sexualités.

Enfin, nous souhaitions préciser, sur le coût des complémentaires santé de la SMEREP :
Seule la mutuelle « totale » à 50 euros par mois (!!) permet le remboursement de certaines méthodes de contraception non remboursées par la sécurité sociale. La SMEREP nous permet ainsi (très généreusement), d’être remboursé-e-s, par an de : 80 € pour la pilule contraceptive dernière génération, de 10 € pour la pilule du lendemain, de 10€ pour des test de grossesse, de 10€ pour les préservatifs**.

Des étudiant-es de Paris 8