Prise de position contre les contrats de professionnalisation (CA du 16 décembre 2016)

Prise de position contre la COMUE PSL par les élu-e-s Solidaires étudiant-e-s EHESS (CA du 16 décembre 2016) :

A propos des contrats de professionnalisation :

Vous nous demandez de prendre position sur les contrats de professionnalisation (et leur banalisation), qui permettrait pour les étudiants de travailler dans une entreprise en échange de, ô bonheur, je cite « une rémunération plus basse que le SMIC horaire […] fixée à 65% du SMIC pour les étudiants de moins de 21 ans, et 85% du SMIC pour les étudiants ayant entre 21 et 25 ans. » Ces contrats, équivalents fonctionnels des stages, apprentissages, et, de plus en plus, des services civiques, ne peuvent que se faire en défaveur des étudiant-e-s, leur offrant de conditions de travail dégradées, bien loin d’être satisfaisantes. Cela montre bien, d’autre part, la professionnalisation promue au sein de l’ESR en général (et dans PSL en particulier), offrant non pas une expérience pour les étudiant-e-s ni même la possibilité de financer dignement leurs études, mais simplement une main d’œuvre corvéable et sous-payée pour les entreprises, normalisant les conditions de travail relevant auparavant de l’exception (par exemple, le cas de l’édition, où stagiaire est l’horizon normal, et même souhaitable, des individus) et mettant donc les en concurrence les travailleurs entre eux (selon une logique bien connue). Vous me rétorquerez sûrement l’existence du problème des étudiant-e-s salarié-e-s, de plus en plus nombreux-ses (parce que de plus en plus précaires), problème dont je suis bien conscient : mais réduire le réel, et les solutions qui peuvent y être apportés, à l’existant (existant par ailleurs dicté par le contexte idéologique) ne fait partie ni de notre manière de concevoir le monde, ni même de notre manière d’essayer de l’améliorer. C’est pourquoi nous nous opposons aux contrats de professionnalisation et appelons l’ensemble des membres du Conseil d’administration, soucieux des conditions de travail, et d’études, des étudiant-e-s, sans pour autant se satisfaire du monde tel qu’il fonctionne aujourd’hui, à faire de même.

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