La répression anti-syndicale tue !

Mis en avant

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Rassemblement devant la gare Saint Lazare
15 mars à 10h30

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12 mars 2017

Nous avons appris en plein conseil fédéral de Solidaires étudiant-e-s le décès d’Edouard, délégué syndical de SUD Rail St-Lazare à Paris. Edouard s’est donné la mort dans la nuit de Vendredi à Samedi suite à une accumulation de pressions patronales qu’il subissait depuis plus de 10 mois. Des mesures disciplinaires illégales étaient retenues contre lui : « mise à pied », « mutation disciplinaire », contrôle constant… En tant que travailleur en situation de handicap les attaques de ses supérieurs ont été traitées en dehors du CHSCT ce qui constituait une grave atteinte à ses droits. Cette répression anti-syndicale est malheureusement monnaie courante dans le milieu du rail comme dans beaucoup de domaines.

Les privatisations et les dégradations des conditions de travail, cumulées aux attaques ciblées sur les délégué-e-s et les syndicalistes TUENT !

La course au profit et l’impunité dans laquelle agissent les patrons TUENT !

Plus que jamais la lutte pour l’amélioration des conditions de travail est une nécessité vitale.

Nous demandons une condamnation ferme de la direction de la SNCF responsable de l’acharnement qui a conduit au suicide de notre camarade !

Nous tenons à présenter, au nom de l’ensemble des membres de Solidaires étudiant-e-s, toutes nos condoléances et notre soutien à la famille, aux ami-e-s, camarades et collègues d’Edouard.

Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes
Porte-parolat : 06.86.80.24.45
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org
contact@solidaires-etudiant-e-s.org

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Jeunes = Chômage ? ERREUR

La fédération des syndicats de luttes Solidaires Etudiant-e-s a rappelé en Juin 2013 son refus du jeunisme. Ce refus induit que nous refusons les discours qui s’appuient sur la catégorie  « Jeune ». Le jeunisme est le fait de poser comme cause centrale le fait que quelqu’un soit « Jeune » pour expliquer des traits qui lui serait spécifiques et la mise en place de politiques publiques fondées sur ces prétendues caractéristiques. Depuis des années, les politiques et certaines organisations syndicales, politiques et associatives nous répètent sans cesse à quel point il est difficile d’être jeune aujourd’hui. Nous entendons souvent les expressions de “Génération sacrifiée », « années volées »… Il ne s’agit pas, pour nous, de nier qu’il y a des différences entre quelqu’un de 60ans et quelqu’un de 25ans. Cependant ces personnes doivent-elles être traitées différemment et si oui, sous quelles conditions ?

La première question à se poser est « Qui est jeune ? ». A priori, le jeune se détermine par l’âge. Voici quelques exemples de politiques institutionnelles :

Élections

Il faut avoir 18ans pour voter et pour être éligible. C’est donc à priori l’âge où l’on devient majeur.

Emplois d’avenir

Ce dispositif du gouvernement Ayrault concerne les personnes entre 16 et 25ans. (30ans pour les personnes “handicapées”).

RSA

Le Rsa Jeune Actif concerne les personnes de moins de 25ans.

Gratuité des musées

Moins de 26ans.

Université et Sécurité sociale

La sécurité sociale étudiante est obligatoire jusque 28ans (sont en train d’allonger vers 32ans).

CPE

Il concernait les moins de 26ans

Ces quelques exemples montrent la diversité de la catégorie jeune. On y classe, en général, les personnes entre 12 et 25 ans. L’âge peut se voir repousser à 28 voir 30, 32ans. Parfois, les jeunes commencent au lycée, donc vers 15 ou 16ans, 12 ans pour certaines cartes de transport. Tous ces critères relèvent du jeunisme. En réalité, il s’agit d’une confusion entre une caractéristique démographique (ici le fait d’avoir tel ou tel âge) et une catégorie statistique utilisée par l’action publique.

Pourquoi les jeunes étudiant-es payeraient moins chers que les autres ? Pourquoi n’auraient-ils pas les mêmes droits que les autres (en termes de salaire) ? Que signifie l’instauration des emplois Jeunes ? Ces règles s’appliquent dans la mesure où l’on calque sur les jeunes des particularités : ils seraient plus précaires, moins « formés »… Il s’agit bien de fonder une unité des jeunes, une normalité des jeunes.

Les désavantages (versus avantages)

Si les tarifs étudiants ou moins de 26ans font parti des politiques jeunistes, le grand problème du jeunisme se manifeste dans les politiques économiques et sociales. Cela fonctionne un peu comme une double face d’une même politique. La catégorie Jeune est favorisé par ces tarifs avantageux (Carte SNCF, Entrées moins chères,…) mais parallèlement on ne peut être chômeur-ses en étant étudiant-e et on développe les réductions de salaires des « jeunes » en créant des dispositifs discriminants : apprenti-es, stagiaires, débutant-es… ou en réduisant les cotisations sociales ou patronales. Ces mesures sont censées « réduire le chômage des jeunes » en poussant les entreprises à embaucher ces personnes pas encore totalement prêtes au « vrai » travail.

DISPOSITIF EMPLOI JEUNE de 1997

Les contrats emplois jeunes (CEJ) sont créés en 1997 sous le gouvernement de Lionel Jospin. Ils étaient destinés aux jeunes de moins de 26 ans sans emploi et à ceux de 26 à 30 ans non indemnisables par l’Unédic. Ils visaient à développer des activités d’utilité sociale répondant à des besoins émergents ou non satisfaits. Etaient concernés les établissements scolaires, la Police nationale, les collectivités territoriales, les établissements publics et les associations. Le salaire du « jeune » était partiellement prise en charge par l’État (à hauteur de 80 % du Smic). Les contrats de travail étaient de 60 mois (éventuellement à durée indéterminée dans le secteur associatif) et à temps plein (sauf dérogation expresse).

 

Des chiffres qui font peur

Ces mesures liées à l’emploi s’appuient sur des chiffres inquiétants : 1,9 millions de 15 – 29 ans seraient sans emploi, ni formation (chiffre CAE). 24,1% des 15 – 24 ans actifs -ves seraient au chômage, soit 1 jeune sur 4 (Chiffre Insee). Plusieurs choses sur ces chiffres : Cela implique que le travail commence à 15ans à un âge où il nous semble qu’on ferait mieux d’être à l’école ou en formation. Bernard Friot1, sociologue-économiste, déconstruit ces statistiques en différenciant le taux de chômage et le poids du chômage dans cette tranche d’âge.

Le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population dite «active» (actifves occupés + chômeurs). On peut calculer un taux de chômage par âge en mettant en rapport les chômeurs-ses d’une classe d’âge avec les actifs-ves de cette classe d’âge. De la même manière se calculent des taux de chômage par sexe, par profession et catégorie socioprofessionnelle, par région, par nationalité, par niveau de diplôme… (définition de l’INSEE2) . Chez les jeunes actif-ves, il y a 24% de chômeur-ses.

Le poids du chômage est le pourcentage de chômeur-ses pour une catégorie choisie. La part (ou le poids) des chômeur-ses chez l’ensemble des jeunes est de 7,5%.

Explicitons : « 1 jeune actif-ve sur 4 est au chômage » entend-on souvent, or 70% des Jeunes sont en formation (et heureusement!) donc considéré-es comme inactif-ves. Le taux de chômage des jeunes actif-ves est bien de 24% mais le poids du chômage, lui, est inférieur : comme la population active chez les jeunes ne dépasse pas 30%, avoir 24% des Jeunes actif-ves au chômage ça signifie que moins de 7,5% des Jeunes (actif-ves et inactif-ves) le sont. Le poids du chômage chez les Jeunes est donc inférieur à 7,5% (c.a.d. 1 Jeune sur 13), ce qui est similaire aux autres tranches d’âge ; il n’y a donc pas de spécificité du « chômage des jeunes ».

Taux d’emploi des 20 – 60ans :

En 1962 : 67%

En 2010 : 76 %

Pour nous faire peur, on nous renvoie aussi à l’argument du plein emploi, en particulier celui des « Trente Glorieuses ». Il faut rappeler que les femmes étaient très peu représentées sur le marché de l’emploi. Le plein emploi d’une époque révolue est un mythe, c’était celui des hommes. Il y a toujours eu une part de la population qui n’avait pas d’emploi jusque maintenant (ce qui ne signifie pas qu’elles ne travaillaient pas toutes, voir à ce titre les débats sur le travail des « femmes au foyer »). Il y a plus de monde qui a un emploi aujourd’hui que dans les « Trente Glorieuses ».

Un discours employé par des Syndicats étudiants, des partis politiques et des Associations

La catégorie Jeune est aussi reprise dans les discours de syndicats, partis politiques et associations. L’un des meilleurs exemple est le collectif « Retraite, une affaire de Jeunes ». Ce collectif repose sur plusieurs idées centrales : l’existence d’une spécificité Jeune et la reprises des statistiques que nous critiquons plus haut. Il s’appuie aussi sur la nécessité d’indépendance des « Jeunes » ou des étudiant-es pensé-es comme Jeunes ; idée qu’on peut retrouver dans la défense des mutuelles étudiantes.

Ce collectif a, par exemple, défendu la prise en compte des stages dans le calcul des pensions de retraites. Ce qui peut apparaitre comme une idée juste est, en réalité, une idée dangereuse et jeuniste.

En effet, cette prise en compte des stages est en creux une reconnaissance d’un type de « job » pour les jeunes en position d’étude, donc l’instauration d’une forme de rémunération hors du salaire (en stage, nous sommes indemnisé-es) pour les Jeunes dans le but de les « insérer » sur le « marché du travail ».

1Voir la vidéo de Bernard Friot « De l’importance des statistiques en politique ». : http://www.youtube.com/watch?v=VXCLQ9YLIzk

2Institut national de la stastique et des études économiques / www.insee.fr

Loi Fioraso / Transformation de l’ESR, Toulouse

Ceci est une formation produite par le comité de mobilisation de Toulouse (Mirail). 
Elle n’est pas exhaustive et est à lire en parallèle avec les autres analyses et formations disponibles sur le blog.

Retour historique sur les mesures universitaires des 10 dernières années

Processus de Bologne :

1999 : adoption de stratégies européennes sur l’enseignement supérieur. But : développer les liens, uniformiser les cursus au niveau Européen (création des ECTS, facilitant les échanges erasmus). Objectif de construction de l’Union Européenne et de renforcement de la position des universités européennes dans la compétition mondiale.

Tournant réactionnaire par rapport aux orientations prises en 1968 : les gouvernements libéraux ont eu besoin d’attaquer l’université pour passer leurs politiques. Bologne et toutes les autres réformes ont créé l’idée de « savoir économique ».

2000 : création des licences professionnelles

2001 : stratégie de Lisbonne pour la recherche : uniformisation de la recherche au niveau européen. Ce qui a séparé enseignement et recherche. Reformulée en 2010. Recherche doit créer de la croissance et faire face aux défis sociétaux européens et mondiaux. Réussite universitaire (par la sélection).

2002 :Réforme LMD : Uniformisation des cursus au niveau européen, création des ECTS. Capitaliser le savoir, les parcours universitaires. Imposé à toute structure de formation en Europe.

2005 : Pacte pour la recherche qui a permis de créer les PRES (pôles régionaux d’enseignement supérieur). C’est problématique car une entité indépendante et extérieure à l’Université qui réfléchit aux liens entre recherche et entreprise. Les gens-tes du PRES élu-es par les CA de chaque fac.

2007 : LRU

2009 : mastérisation des concours IUFM

2011 : arrêté licence. Création de filières d’excellence, moyenne et de rattrapage. Plan réussite en licence => favoriser l’acquisition de compétences. D’où le développement des cours de management, de langues, et de filières pluridisciplinaires où le contenu théorique est appauvri et les compétences valorisables sur le marché du travail sont augmentées.

LRU:

Autonomie budgétaire des universités : les présidents ont la possibilité de gérer comme ils le souhaitent leurs budgets, de les répartir dans les UFR. Possibilité aussi d’aller chercher des fonds dans le privé, partenariat avec les entreprises, les collectivités territoriales etc… Masque un véritable désengagement de l’état.

LRU c’est aussi un net recul de la démocratie universitaire : dans les conseils d’administration (CA), on passe de 20 à 25% d’élu-es étudiant-es à 10 à 22%. les représentant-es des personnels et des enseignant-es voient aussi leur représentation réduite. Par contre la proportion de représentant-es extérieurs passe de 25% à environ 33%.

IDEX

Initiatives d’excellence (mis en place en 2009, les premiers projets ont été déposés en 2011). L’état investit de l’argent dans des projets de recherche qui ont gagné un concours et qui vont être rentables à court terme. Ce sont 7,7 milliards d’euros financés par le grand emprunt. On investit massivement dans un secteur précis, pour que ces filières qui sont dans les IDEX arrivent à l’excellence. La conséquence c’est une université à deux vitesses, la mise en concurrence des facs et des filières, la fin de l’indépendance de la recherche.

Les IDEX sont surtout données à des universités fusionnées, jamais à des petites universités.

Une IDEX c’est aussi quelque chose de précaire : des financements de courts termes, avec lesquels on ne peut pas vraiment faire vivre sa fac. Les IDEX c’est aussi l’idéologie de l’innovation…

Loi Fioraso :

1. Régionalisation.

Regroupement d’université qui se fait soit par fusion, communautés, fédération.

Fusion : tout est décisionnel

Communauté : il y a un conseil académique avec le maintien de conseils d’administration propres à chaque fac.

Création de 30 pôles d’enseignement supérieur au niveau étatique. Les financements iront directement à ces pôles. Cela va créer de la concurrence entre pôles, et intra pôle puisque chaque université au sein des pôles va chercher à récupérer des financements.

Autre conséquence de la régionalisation : disparition de tout un tas de petites facs, et antennes. Par ex sur Toulouse disparition probable d’albi, foix, castres.

Le but : être compétitif au niveau international, alors que les classements internationaux sont très biaisés car ils mettent en concurrence des universités énormes, qui ont beaucoup de financements (car ils font payer très cher aux étudiant-es, entre autres), avec des petites facs, qui ne sont pas forcément moins intéressantes et dispensent de bons enseignements mais ne sont pas « compétitives ».

La régionalisation vise aussi à adapter les pôles aux besoins socio-économiques de la région (c’est écrit noir sur blanc dans la loi). Donc offre de formation qui vont être très différenciée selon les régions. Du coup, dans les conseils académiques et autres instances décisionnelles des facs, il y aura de plus en plus de représentant-es des collectivités territoriales, des entreprises locales etc. Dans les conseils académiques, sur 80 membres il y aura une trentaine de ces personnels. Les conseils académiques vont tenter de récupérer des fonds auprès de l’état en faisant des projets innovants (une logique proche de l’idex).

Baisse de la démocratie :

LRU a introduit les personnalités extérieurs dans les CA mais ils ne pouvaient pas voter. Désormais, ils pourront voter. (n’oublions pas qu’ils sont très nombreux-ses par rapport aux autres (universitaires, étudiant-es, personnels IATOSS…).

Conseil scientifique et CEVU fusionnent dans le conseil académique. Ce conseil académique sera composé de 80 membres dont une trentaine de personnalités extérieurs. Ces personnalités seront nommées par le recteur d’académie.

Dans les fusions, les communautés de facs : les conseil d’administration et conseil académique co existent mais le conseil d’administration perd des compétences. Le C. administration est propre à chaque fac, et son rôle sera de gérer le budget qui aura été alloué pour sa fac par le conseil académique (qui gère l’ensemble des facs d’un pôle régional). Le conseil académique c’est l’instance qui est interlocuteur avec l’état pour récupérer les financements.

Sélection des étudiant-es :

Sélection économique avec la fermeture programmée des antennes régionales. Dans la régionalisation, il y a une forme de sélection : ceux/celles qui ne peuvent pas partir de chez leurs parents, soit ils ne pourront pas s’inscrire, soit ils/elles vont se salarier et donc mettre en péril leurs études.

Sélection incitative : mettre en place des quotas pour orienter prioritairement les bachelier-es pros et technologiques vers les IUT et autres filières courtes. L’idée est que les bachelier-es générales soient orienté-es prioritairement vers facs, et qu’il n’y ait plus de bachelier-es pros et technologiques dans les facs. En plus, il y a des entretiens pour les lycéen-es qui s’inscrivent en fac. Ils ne peuvent pas être refusé-es, mais si les universitaires pensent qu’ils.elles n’ont pas les capacités, ils les incitent fortement à abandonner cette idée.

Semestre rebond (plan réussite). Quand tu loupes ton premier semestre, tu te retrouves en semestre rebond où on revoit des bases, où on réoriente. Si tu loupes le semestre rebond, tu ne peux pas te réinscrire dans la même filière. Quand on le réussit, soit on a le droit de retaper, mais dans la plupart des cas on réoriente vers autre chose.

« Collège d’excellence » : filières où vont les meilleur-es qui sont sélectionné-es.

Recherche :

C’est écrit noir sur blanc dans la loi « les résultats de la recherche doivent être transférables au monde socio-économique ». C’est la fin de l’indépendance de la recherche (déjà fortement mise à mal) qui va être soumise à des logiques économiques et politiques. Perspectives : défendre le savoir critique (et aussi public…), qui est émancipateur et transforme la société. Sortir de l’idée que tout ce qui n’est pas marchand ne serait pas productif.

La recherche fondamentale risque de disparaître au profit de la recherche appliquée, qui sera rentable sur le court terme. Toutes les recherches qui ne sont pas « utiles » économiquement risquent de disparaître.

Autre conséquence de cet appauvrissement de la recherche : appauvrissement des enseignements.

Appauvrissement des formations :

Diminution des contenus disciplinaires au profit de cours de management. Les licences tendent à devenir de plus en plus pluridisciplinaires (plutôt « fourre tout »). La spécialisation commence en master, donc évidemment baisse des savoirs disciplinaires.

Disparition de spécialités. On a actuellement domaine, mention, spécialités. La loi Fioraso prévoit de passer de domaine, mention. Sous couvert de lisibilité des diplômes, on veut supprimer des spécialités et des mentions. 60% des intitulés de master sont appelés à disparaître, et en licence on va supprimer les spécialités.

Baisse de la liberté/ changement de la vie étudiante :

  • développement du contrôle continu, avec des exigences normalisées.
  • De plus en plus de cours et moins de temps pour creuser sa discipline.
  • Exigence d’assiduité/ augmentation du flicage. Problématique pour les étudiant-es salarié-es.

Financement :

Le grand absent de la loi Fioraso, c’est les financements. On sait qu’énormément de facs sont en déficit, donc pour sortir la tête de l’eau, il y a surcharge des TD, tirage au sort des étudiant-es à l’inscription, gel des postes…

Le gouvernement nous souhaite la bonne année en organisant la privatisation de l’Université !

Le 29 décembre dernier le gouvernement a signé avec la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) une convention qui pose le cadre des « Sociétés universitaires et de recherches ». L’idée est que l’état débloque 400 millions d‘euros et les universités doivent présenter des projets de « Sociétés universitaires et de recherches » qui seront examinés par la CDC.

Ces Sociétés Universitaires et de Recherches (SUR) auront pour mission de permettre aux universités de faire « évoluer leurs modèles économiques » et d’augmenter ainsi leurs « ressources propres ». Il est clairement affirmé la fin du financement « subventionnel », autrement dit par l’État.

Les SUR auront comme périmètre d’action la valorisation du patrimoine immobilier des établissements, la formation continue et la signature de contrats (notamment de recherche) avec les entreprises.

Il faut entendre par valorisations du patrimoine immobilier la possibilité laissée aux établissement de vendre ou de louer leurs bâtiments au privé. Cela soumettra les universités aux intérêts des entreprises. De plus ces bâtiments cesseront d’être prioritairement laissés à l’usage du personnel et des étudiant·e·s. Ces dernier·e·s ne seront plus prioritaires pour l’utilisation de salles de réunion ou d’amphithéâtres qui pourront être loués le temps d’une conférence à une entreprise ou une association privée.

Confier à ces organismes la formation continue actuellement dispensée par les universités signe l’abandon de toute politique d’unification de la formation professionnelle mais aussi l’alignement des pratiques de l’université sur celles des boîtes privées de ce secteur. Il n’est pas rare que ces boîte facturent plusieurs milliers d’euros des formations pauvres en qualité (quand il ne s’agit pas d’arnaques). A noter qu’aucun contrôle n’existe alors que ces formations sont parfois payées par Pôle Emploi. Avec l’apparition des SUR il n’existera plus aucun contrôle de l’État sur le contenu de la formation continue dispensée par les universités. Macron qui avait annoncé une réforme dans le secteur durant la campagne dévoile son jeu. Finalement il ne résout pas les maux qui existent bel et bien en créant un véritable service public, mais il détruit les dernières garanties qui existaient.

Enfin, si ce projet se réalise, ce sera la fin de toute recherche indépendante des pouvoirs économiques. En effet toute recherche devra avoir été validée par un contrat avec une entreprise privée. Ce ne sera pas seulement la disparition de toute recherche critique ; dans ces conditions, il ne faudra pas espérer des recherches allant contre les intérêts des puissant·e·s : les universités ne feront plus de recherches sur les dangers des OGM, des gaz de schistes ou de tel produit pharmaceutique. Autrement dit aucun contre-pouvoir n’existera face aux entreprises. De même, toutes les science sociales critiques remettant en cause les rapports de domination, notamment salariales ou sociales, cesseront d’exister.

A noter que le document laisse possibilité aux établissements d’inclure d’autres compétences pour les SUR, entre autres celle d’emprunter. En effet, actuellement, les universités ne peuvent emprunter car leurs statuts ne le permettent pas ; avec ce système elles le pourront. Or la dette est un rapport de pouvoir entre le créancier et le débiteur : avec ce système les universités se mettront totalement entre les mains des banques.

Les SUR seront donc des sociétés de droit privé propriétés de l’État. Par conséquent cela leurs permettra de recruter sous droit privé le personnel et elles ne seront pas astreintes à l’ensemble des dispositions du Code de l’Éducation, notamment en termes de démocratie.

L’État étant propriétaire de ces sociétés, elles devront lui reverser des dividendes (clairement prévu par le document). Enfin, rien n’interdira par la suite à l’État de vendre ces SUR. En 1988 la transformation du Ministère des Postes et Télécommunications en deux Établissements Publics à Caractère Industriel et Commercial (EPIC), La Poste et France Télécom, avait été dénoncée à l’époque par certain·ne·s (notamment par les fondateurs·rices de SUD PTT) à l’époque comme la première étape vers la privatisation. Il y a eu évidemment un discours rassurant du gouvernement. Cependant moins 10 ans après, en 1997, France Télécom a été privatisé. Combien de temps avant que les SUR subissent le même sort ?

Un autre enseignement supérieur est possible, débarrassé des logiques marchandes et dispensant un enseignement supérieur de qualité à tou·te·s. Cependant seule la mobilisation permettra qu’il advienne.

Contre la casse du service public de l’enseignement supérieur, mobilisons-nous !

Grandes Universités de Recherche : la concrétisation d’un système à plusieurs vitesses !

Le 22 décembre, le gouvernement a signé avec l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) une nouvelle convention qui lance un appel à projet afin de renforcer la concentration des moyens au sein de l’enseignement supérieur sur quelques unes, à hauteur de 700 millions d’euros. Les universités bénéficiaires deviendront des « Grandes Universités de Recherches ».

Cette convention est le pendant financier de la loi permettant de réformer le statut des universités par ordonnance. L’appel à projet met les universités en concurrence entre elles pour le financement public. Si une université souhaite recevoir l’argent elle doit se plier au cahier des charges tel que décrit par la convention. Cette convention réserve l’argent aux universités ayant déjà reçu un Idex1 ou Isite2, qui ont suivi la même procédure que celle-là, et sont donc déjà distinguées comme universités dite « d’excellence ».

Le cahier des charges pour être une « Grande Université de Recherche » poursuit les logiques déjà à l’œuvre les années précédentes. En effet les établissement des Idex et Isite sont invités à aller plus en avant dans les fusions et à transformer en profondeur leur fonctionnement actuel. Il est fait mention du caractère « transformant et expérimental » que doivent avoir les projets, ce qui correspond au terme de l’article 28 du projet de loi « Pour une société de confiance », qui permet au gouvernement de prendre des ordonnances afin de réaliser des « expérimentations » pour les statuts des universités. De plus, la complémentarité avec d’autres appels à projet de l’ANR, à savoir les Nouveaux Cursus à l’Université et les Écoles Universitaires de Recherche qui démantèlent respectivement les diplômes de licence et de master, est clairement affirmée.

Comme nous l’avions déjà dénoncé, ces statuts expérimentaux visent à détruire les restes de démocratie au sein des universités, et à pouvoir encore plus sélectionner les étudiant·e·s à l’entrée et/ou appliquer des frais d’inscription sélectif. De plus le fait de choisir quelques universités parmi une série qui ont déjà été sélectionnées permettra de détruire définitivement la carte actuelle de l’enseignement supérieur français. En effet les « Grandes Universités de Recherche » concentreront les moyens, notamment l’argent des Idex, des Isite et de ce nouvel appel à projet. Elles délivreront de fait les diplômes bac +5 et les doctorats quand les autres établissements seront paupérisés et se contenteront des bac +3.

Solidaires étudiant-e-s continue à revendiquer des financements pérennes à la hauteur des besoins d’un enseignement de qualités pour tou·te·s, l’arrêt des financements par appel à projet et une véritable démocratie universitaire.

Une autre université est possible, mobilisons-nous !

1 Les universités ayant eu un Idex sont : Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lyon-Saint-Etienne, Nice, Paris Saclay, PSL, Strasbourg, Sorbonne-Université (en probation) et Toulouse (en probation)
2 Les Universités ayant eu un Isite sont : Bourgogne–France Comté, Cergy-Pontoise, Clermont-Ferrand, Lorraine, Lille Nord-Europe (2017), Paris-Est, Montpellier, Nantes, Pau-Pays de l’Adour

Les expérimentations de Frédérique Vidal pour des frais d’inscription exorbitants !

En instaurant la sélection à l’entrée de l’université, le gouvernement affirme briser tout les tabous. Cependant, il est beaucoup moins disert à propos des frais d’inscription. Ce sujet est sensible, et pas seulement en France : les mouvements étudiants de ces dernières années au Québec, au Chili ou au Royaume-Uni ont montré la capacité de mobilisation de ce sujet. Officiellement, ils resteront inchangés. Cependant, en regardant ceux pratiqués par l’Université Côte d’Azur (UCA), une autre vision apparaît. À noter que l’UCA est une ComUE dont le principal membre est l’Université de Nice, dont madame Vidal a été présidente de 2012 à 2017. Quels sont donc les diplômes proposés par l’UCA ?

Tout d’abord, des diplômes universitaires (DU). De manière générale, ce sont des diplômes d’établissements non cadrés par l’État, aussi bien en termes de contenu que de frais d’inscription. Entre autres, un DU Management de structure commerciale à débit de boisson avec des frais d’inscription de 2500€. À noter que ce diplôme est intégré en bac +2 ; on doit donc comparer ce chiffre avec les frais d’inscription en licence qui sont de 184 €. Sans commentaire. De même il y a un MSc Engineers for Smart Cities d’un an à 10 000€ . Ce diplôme s’adresse à des personnesau niveau bac +3, donc il faut comparer avec les frais de master qui sont de 256€. À noter le titre en anglais, qui porte la mention « Engineers ». Il ne s’agit pas seulement de faire preuve de modernisme, mais aussi de masquer une manœuvre qui ressemble à une entourloupe. En effet, les diplômes d’ingénieur sont régulés par la Commission des Titres d’Ingénieurs qui impose des règles, notamment que le diplôme sanctionne un niveau bac +5 avec en plus une qualification dans les domaines scientifiques élevés. Le contenu scientifique semble inexistant et le diplôme ne semble même pas sanctionner un bac +5. Par conséquent, ce diplôme qui prétend dans la langue anglaise être un diplôme d’ingénieur ne l’est pas, mais en plus il coûte plus cher (bon nombre de formations d’écoles publiques sont à 610€, les plus élevés s’élèvent aux alentours de 3000€).

Penchons-nous maintenant sur un diplôme un peu spécial : le MARRES, Master en Science, Conservation & Valorisation des Ressources Marines, qui est un diplôme Idex (c’est à dire d’Initiative d’excellence). Ici, les frais d’inscriptions sont de 4000€ par mois, qu’il faut donc comparer aux 256€ euros d’un master classique. De même, il y a un Master of Science – Data Science à 4000€. À noter qu’une partie de ces diplômes ne paraissent pas sur internet, et que par conséquent certains échappent à l’analyse. Notons par ailleurs l’ambiguïté du terme MSc. Il est en effet impossible de savoir si ces formations sont des master, donc des diplômes nationaux dont l’utilisation du terme est réglementée. Si ce n’est pas le cas, on notera l’incertitude légale sur l’utilisation du terme, d’autant qu’apparaît sur le site “master“ en entier.

Une question se pose : comment une telle dérive en termes de frais d’inscription a-t-elle été rendue possible ? Par la ComUE, mais surtout par l’Idex. Idex, ou Initiative d’Excellence, c’est un “label” attribué par l’Agence Nationale de la Recherche pour récompenser les universités ou ComUE se soumettant le plus aux logiques néo-libérales en vigueur au sein de l’enseignement supérieur.

Ces dernières semaines, la ministre chargée de l’enseignement supérieur a amorcé une série de réformes : réforme de la licence, réforme des statuts des universités,nouvel appel à projet pour les lauréats des Idex. L’ensemble de ces mesures permettra une déréglementation des frais d’inscriptions telle qu’elle a eu lieu à Nice.

Au mois de mai, la nomination de Frédérique Vidal avait surpris. À l’analyse des politiques menées au sein de l’UCA, on comprend mieux : elle veut appliquer au reste de l’enseignement supérieur ce qu’elle a déjà expérimenté localement. Les frais d’inscription n’augmenteront pas brutalement. Cependant, il apparaîtra au fur et à mesure du temps et des réformes toute une série de diplômes aux frais d’inscription prohibitifs dans quelques universités d’excellence. Le reste des universités et des formations sera quant à lui paupérisé.

Seule la gratuité de l’enseignement supérieur peut empêcher cette logique. Contre les frais d’inscription, pour l’égal accès à un enseignement supérieur de qualité, mobilisons-nous !

Levée des contrôles à l’EHESS !

Communiqué de Solidaires étudiant.e.s EHESS et Sud éducation EHESS

Le 13 mars 2017

Après l’obtention de la salle 13 le 9 mars dernier par des étudiant.e.s, qui occupent désormais la salle des Lombard au 96 bd Raspail, la direction de l’EHESS a fait le choix d’instaurer des contrôles à l’entrée du 105 et du 96 boulevard Raspail, avec fouille des sacs et contrôle de la carte d’étudiant.e ou de la carte d’identité. La direction avait déjà instauré des contrôles syustématiques lors de la proclamation de l’état d’urgence en novembre 2015, puis au printemps 2016 lors de la mobilisation contre la loi Travail. L’ « état d’urgence » est-il instauré à l’EHESS chaque fois que les étudiant.e.s se mobilisent pour faire valoir leurs droits, en l’occurrence le droit à des conditions d’études décentes (espaces de travail, espaces de détente et de discussion) ?

Nous demandons le levée immédiate de ces contrôles.

Les établissements d’enseignement supérieur doivent être des espaces ouverts, où il est possible d’entrer et de circuler, et où il est possible de s’informer, débattre et s’organiser.

Les étudiant.e.s de l’EHESS ont besoin d’espaces de travail !

Nous reproduisons ici un courrier envoyé à la direction de l’EHESS le 1er mars 2017.

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Monsieur le Président de l’EHESS,

Vous n’êtes pas sans savoir que les espaces de travail manquent cruellement à l’EHESS: bibliothèque de la FMSH saturée et dont le nombre de place va encore diminuer avec le déménagement, salle des étudiants au 96 boulevard Raspail très petite et aux usages multiples et tous nécessaire la rendant souvent trop bruyante pour pouvoir travailler. Par ailleurs, cette salle est actuellement condamnée pour des travaux sans aucune information sur une date de réouverture.

Aussi nous vous demandons de donner, par tous les moyens disponibles (affichages / site internet / liste mail) les informations disponibles sur la réouverture de la salle.

En raison du manque d’espace de travail, nous demandons également que les salles vides soient ouvertes aux étudiants qui désirent travailler, et ce sans réservation préalable. Ce n’est actuellement pas le cas : errant de salle en salle pour trouver un endroit où travailler les étudiant.e.s sont souvent chassé.e.s de salles pourtant vides. Par ailleurs, nous demandons également que le planning des salles de l’EHESS soit de nouveau mis en ligne sur la page d’accueil du site de l’EHESS de façon à être facilement accessible aux étudiant.e.s.

En attente de votre réponse, nous nous permettons de rendre ce message public et vous prions de recevoir nos cordiales salutations.

Solidaires étudiant.e.s EHESS
contact.solidaires.ehess@gmail.com
Permanence le jeudi de 12h à 14h au bureau associatif, 96 bd Raspail